24 heures après le grand oral du Président de la République – Félix TSHISEKEDI TSHILOMBO sur l’état de Nation devant les deux chambres du parlement réunies en Congrès, nous reporters sont allés à la rencontre des Kinois(e)s.
Dans la capitale congolaise, les réactions sont mitigées. Si certains soutiennent le Chef de l’État dans la mise en œuvre des différentes réformes initiées notamment celle d’une réforme constitutionnelle ; d’autres se disent lassés par ce discours empreint de démagogie dans un contexte social critique.
Héro de la Nation
Annie MBUYI, cadre et combattante au sein du parti présidentiel – UDPS, appelle les congolais à soutenir son projet du changement de la constitution et félicite l’Héro de la Nation « je félicite le Président Félix TSHISEKEDI car il est proclamé en ce jour Héro National et je vous invite à soutenir ces idées nobles pour le bien-être des congolais » s’est-elle exprimée.
Le désespoir qui s’accroît
Du côté de la société civile, Pascal MBONGI, environnementaliste, dit sa déception après un premier quinquennat décevant « je note encore une fois, que le Président TSHISEKEDI a dressé un tableau plutôt élogieux de l’action gouvernementale en déphasage criant avec les réalités que la population vit au quotidien. Je me demande sur quel pays vit nos gouvernants. Pendant que le peuple se noie dans son malheur, le Chef de l’État dresse un tableau doré de la situation sociale au pays et présente un chapelet de promesses. Je me souviens qu’il en a été ainsi durant tout son premier quinquennat : autant d’avions neufs à acheter, des bateaux de pêche, des locomotives, des mpiodi qui devraient venir de la Namibie (…..) la revanche du sol sur le sous-sol etc. Personnellement je n’avais rien vu de tout ça au premier mandat. »
Des projets restés lettre morte
Dans ce même ordre d’idée, Anthony LUMBAYA, agent de développement revient sur la question des promesses utopiques énoncées par le Président – Félix TSHISEKEDI « voilà qu’aujourd’hui monsieur TSHISEKEDI vient de promettre la construction de 38.000 km de routes de desserte agricole, quelle ambition ? Si les petits tronçons ici en ville ont connu des années avant leur finalisation ou abandon, ce serait miraculeux que même jusqu’à la fin de son quinquennat que ces 38.000 Km de routes soient réalisés. Mais si c’est fait cela impactera significativement la vie dans nos milieux ruraux (…) Le Chef de l’État a également annoncé la construction d’un hôpital de référence dans chaque province. Ce qui serait une bonne chose … mais par expérience la plupart d’investissement dans les infrastructures coûtent inutilement chers au trésor public sans que le besoin n’ait été prioritaire pour booster le développement à la base.
Tout en saluant ces promesses qui une fois réalisées contribueraient à l’amélioration des conditions de vie de nos populations rurales mais je restes sceptique quant à la gouvernance dans le secteur des financements des projets d’intérêt général (…) Il y a eu plusieurs documents stratégiques de réduction de pauvreté pour la plupart des Provinces (…) Il y a lieu de se ressourcer en s’appuyant sur ces documents et attaquer les problèmes qui ont été identifiés comme prioritaires pour booster le développement à la base.
Nous comprenons aussi que les actions souhaitées dans ce discours s’entrechoquent (…) comment on pourra construire des routes de desserte agricole au moment où on préconise un vaste programme de couloir vert qui va engloutir des espaces où ces routes vont-elles passer ? Comment produire une politique forestière qui ne prend pas en compte cette dimension de conservation en grande masse ? autant de questions et des contradictions » conclut-il.
De la démagogie, rien de plus
Affirmation de l’économiste, Bruno NDAMBULA « Oui, rien que des promesses. Le temps court vite et les moyens viennent à compte-goutte et ne seront jamais affectés à 70% aux projets qui font l’objet des promesses politiques. Très inquiétant avec 1.200.000 bouteilles par jour déverser dans la ville de kinshasa, où vont ce lot important de bouteilles en plastiques rejetés dans les caniveaux. Espérons qu’une usine de recyclage sera construite en 2026 »
Des conditions sociales qui laissent à désirer
« Le discours du Chef de l’État est plein de promesses et ne rassure pas » qualifie le Porte-parole de la plate-forme politique LAMUKA. Prince EPENGE renchérit « nous donnons raison au peuple congolais qui n’a pas trouvé important de suivre un discours à la soviétique, plein de promesses de Monsieur Félix TSHISEKEDI. C’est la même récitation alors que l’espérance de vies régresse au Congo, où la majorité de la population en âge de travailler est en chômage ».
Des avis partagés par un commerçant rencontré au marché de la liberté qui déplore la hausse de prix des biens de première nécessité « un sac de maïs revient à 300.000 FC, manioc 280.000 FC de l’abondance du cœur que la bouche parle et le manioc panifiable coûte trop cher. N’est-ce pas étonnant étant donné que le Président et la Première Ministre avaient promis de réduire le pouvoir d’achat des congolais ? Est-ce que ces deux personnalités ne peuvent pas s’excuser pour avoir commis une faute grossière de langage ? Le pouvoir d’achat est déjà très très réduit ; ils vont tout simplement le supprimer en le réduisant encore davantage.
Ça fait partie des promesses et curieusement c’est la seule qui est réalisée à 1000%. »
Conscient des défis qui sont les siens, le Chef de l’État a réitéré sa détermination à mettre en œuvre ses 6 engagements pour le bien-être des congolais et le développement tant attendu de la République Démocratique du Congo.
La Rédaction