Vers une meilleure prise en compte du genre en RDC : La CFLEDD valide les politiques et stratégies genre des organisations partenaires GLA et non GLA

Depuis plusieurs décennies, la République Démocratique du Congo (RDC) s’est engagée sur la voie de la promotion des droits de la femme, s’inspirant des engagements internationaux tels que la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF), ratifiée en 1986. À travers cet engagement, un cadre légal et institutionnel favorable à l’intégration du genre dans les politiques nationales a été progressivement mis en place.

Malgré ces avancées, la réalité sur le terrain reste marquée par des inégalités persistantes entre les sexes, notamment en matière d’accès à la terre, aux ressources forestières, et à la prise de décision dans la gestion des affaires publiques. Dans ce contexte, la Coalition des Femmes Leaders pour l’Environnement et le Développement Durable (CFLEDD) s’est affirmée comme une actrice clé du changement social en RDC. Depuis 2016, elle œuvre pour la reconnaissance des droits fonciers et forestiers des femmes, en menant des études et des actions de plaidoyer ciblées. Avec l’appui technique et financier de WECF dans le cadre du programme « Forêts pour un avenir juste » de la Green Livelihoods Alliance (GLA), la CFLEDD continue de promouvoir une approche sensible au genre dans la gouvernance forestière et environnementale.

Dans l’optique de renforcer la cohérence des actions et d’institutionnaliser l’approche genre, la CFLEDD a récemment conduit un processus participatif de validation des politiques et stratégies genre des organisations partenaires GLA et non-GLA membres de la CFLEDD. Ce travail stratégique vise à assurer que chaque organisation dispose d’un référentiel clair pour intégrer l’égalité des sexes dans ses activités, programmes et processus décisionnels. Ces documents validés constituent désormais des outils essentiels pour orienter les interventions et garantir que les préoccupations spécifiques des femmes sont effectivement prises en compte.

Au-delà des cadres stratégiques, la CFLEDD a également mis un accent particulier sur la valorisation des parcours de femmes ayant connu un changement positif grâce aux actions menées sur le terrain. Ces « histoires de changement » témoignent de l’impact réel des initiatives de genre sur la vie des femmes rurales, des activistes ou des leaders communautaires. Elles illustrent comment l’accès à la terre, à l’information ou à des espaces de participation peut transformer non seulement la vie d’une femme, mais aussi celle de toute une communauté.

La validation des politiques genre et la documentation des récits de changement marquent une étape importante dans la stratégie globale de la CFLEDD. En consolidant les acquis et en outillant ses partenaires, la CFLEDD renforce l’un de ces objectifs de lutte contre les discriminations et d’autonomisation des femmes congolaises dans le domaine de la gouvernance foncière, forestière et environnementale. Avec l’appui de ses partenaires nationaux et internationaux, la CFLEDD entend poursuivre ses efforts en faveur d’une intégration effective et transversale du genre dans toutes les politiques de développement durable en RDC.

                                                                                                                          Helene BAJIKILA

Femmes sans terres, forêts en danger : le cri d’alerte venu des provinces du Nord et Sud Kivu (République Démocratique du Congo)

« Quand une femme n’a pas de terre, elle n’a pas de voix. Et quand les femmes se taisent, la forêt s’éteint. »

Le 9 mai 2025 à Kinshasa, la Coalition des Femmes Leaders pour l’Environnement et le Développement Durable (CFLEDD) a présenté les résultats d’un diagnostic accablant sur l’accès des femmes à la terre dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Loin d’être uniquement une question foncière, il s’agit d’un enjeu de dignité, de développement durable et de justice climatique.

Dans les territoires de Kabare, Kalehe, Mwenga et Walikale, les réalités sont cruelles : les femmes locales et autochtones, bien qu’essentielles à la survie de leurs communautés et à la protection des forêts, sont encore largement exclues de la gestion foncière. Le combat qu’elles mènent pour faire valoir leurs droits est à la fois silencieux et courageux.

 Une double injustice les frappe : patriarcale et écologique.

Car si le cadre juridique congolais reconnaît en principe les droits fonciers des femmes, la réalité sur le terrain est bien différente. Ce ne sont pas les lois qui manquent, mais leur application. Dans les villages reculés, les coutumes persistent, encore plus puissantes que les textes de loi. Comme l’a rappelé Mme Chérifa Apek Eyer, défenseuse de droits des femmes et Directrice d’Administration et Finance au sein de la CFLEDD, lors de l’atelier : « Que vaut une loi si ceux à qui elle est destinée n’en ont même pas connaissance ? »

Il ne s’agit donc pas seulement de changer les lois, mais aussi les mentalités. Et cela passe par l’information, la sensibilisation et l’engagement communautaire.

C’est pourquoi la CFLEDD déploie un plaidoyer multiforme, s’appuyant sur les médias, les campagnes de communication, les spots et les scénettes inspirées de faits réels. Ces outils visent à toucher les cœurs autant que les esprits.

Atelier de présentation des résultats du diagnostic sur l’accès des femmes à la terre, Kinshasa, 9 mai 2025

À l’issue de l’atelier de présentation du diagnostic, une conférence de presse a permis de porter le message au-delà de la salle, jusqu’à l’opinion publique nationale.

Le plaidoyer lancé ce jour-là par la CFLEDD est clair, celui de garantir aux femmes un accès équitable à la terre, condition sine qua non de leur autonomisation économique et environnementale ainsi que de leur participation active dans la lutte contre les effets des changements climatiques.

Mais comment parler d’accès à la terre quand la paix elle-même est absente ?

Dans l’Est de la RDC, les violences armées persistent, comme le souligne Mme Dorothée Lisenga coordonnatrice nationale de la CFLEDD : « S’il n’y a pas de paix, nous ne pouvons pas parler d’accès de la femme à la terre. »

La guerre détruit, déplace, terrorise, fige les droits et les espoirs. Dans ce contexte le projet « Femmes en Action » prend tout son sens. Porté par un consortium formé de la Fondation Paul Gérin-Lajoie et du Jane Goodall Institute Canada, avec l’appui financier d’Affaires mondiales Canada, il est mis en œuvre par plusieurs partenaires, dont la CFLEDD. Son ambition est d’accroître la résilience climatique des femmes et filles du Nord et Sud Kivu en vue de renforcer leurs places dans la gestion durable des ressources naturelles, notamment foncières, et faire tomber les barrières coutumières et sociales.

Sur le terrain à Kabare, Perpétue Boku capte le récit des femmes rurales pour une scénette de plaidoyer sur le rôle de la femme dans la gestion des ressources forestières. Un travail de sensibilisation réalisé dans le site de démonstration /SFN/projet Femmes en Action

Ayant couvert le terrain à Kabare, (Sud-Kivu) dans le cadre de ce projet, nous somme témoin direct de la résilience de ces femmes. Malgré des nombreux obstacles, continuent de faire vivre une terre qui pourtant les marginalisent. Leur courage, leur indignation face à l’injustice sociale, mais aussi leur espoir tenace nous a laissé sans voix. Ces témoignages ont inspiré l’écriture d’une scénette audiovisuelle de plaidoyer, diffusée lors de l’atelier, met en lumière les réalités poignantes qu’elles affrontent au quotidien.

Au-delà des chiffres, ce sont des vies qu’il faut tenir compte. Des femmes qui, chaque jour cultivent, protègent, résistent. Donner aux femmes les moyens de décider sur leur terre, c’est renforcer la sécurité alimentaire, la justice sociale et la résilience climatique. C’est aussi reconnaître qu’elles sont les vraies gardiennes de nos forêts.

Dans le bruissement des forêts congolaises, un cri s’élève : « Justice foncière pour les femmes, maintenant », il est temps que ce cri ne reste plus sans écho.

Table ronde multi-acteur sur le rôle des femmes dans la gouvernance forestière et climatique en République Démocratique du Congo

En marge du mois dédié à la femme, la Coalition des femmes Leaders pour l’Environnement et le Développement Durable CFLEDD à travers son département IEC, a organisée ce mardi 25 mars à Kinshasa une table ronde multi acteurs sur la gouvernance forestière et climatique des femmes en collaboration avec le Pulitzer Center, une organisation médiatique internationale engagée à soutenir un journaliste de qualité et une prise de conscience accrue sur des sujets clés souvent négligés par les médias.

Objectif, offrir un espace d’échange et de réflexion pour évaluer la situation actuelle, analyser les enjeux et identifier des solutions concrètes pour garantir une inclusion pleine et entière des femmes dans les instances de prise de décision dans le domaine forestier et climatique, explique  Mme Afy Malungu, représentante du Pulitzer Center, « cette table-ronde multi acteurs, sur le rôle des femmes dans la gouvernance forestière et climatique en RDC, se veut une session participative d’expression libre avec les acteurs clés de ces différents mécanismes afin de récolter les différents points de vue sur la question » explique-elle.

« La promotion des connaissances et le leadership des femmes en matière de la préservation des forêts reste crucial sur le rôle de la femme dans la gouvernance forestière et climatique », a déclaré Dorothée Lisenga, Coordinatrice de la CFLEDD.

« Les gens pensent qu’il n’y a que l’homme qui soit au front dans la lutte contre les changements climatiques et pourtant la femme est aussi là pour la conservation, la restauration, la protection des ressources naturelles ou encore la protection des sites sacré, car c’est elle qui est la gardienne du temple, d’où il est crucial de faire connaître son travail sur l’échiquier national et international », a-t-elle poursuivi.

 S’en ait suivi de la présentation des quelques reportages sur les réalités de terrain qu’effectue la CFLEDD sur terrain  à travers son Département IEC pour l’intérêt des communautés, une étude a été menée à travers les enquêtes en groupe focalisé et des échanges avec les personnes ressources, qui révèle d’après le  Professeur Papy Bonkena de la faculté d’Agronomie de l’Université de Kinshasa/consultant CFLEDD, que «  la coutume reste encore un des pesanteurs sur le processus de l’égalité des chances entre hommes et femmes. Ceci peut se lire au travers le faible pourcentage des femmes étant que présidente des Comités Locaux de Développement (CLD) un organe de gouvernance à l’échelle locale. Cependant, elles disposent des connaissances et pratiques respectueuses de l’environnement contraires aux hommes et ce, dans le domaine de forêt, de l’agriculture, de l’eau de l’environnement etc. ayant des incidences sur la préservation de la biodiversité et protection des forêts »

 « IL est donc nécessaire d’élargir la documentation de toutes ces connaissances à toutes les échelles et renforcer leurs diffusions en vue de faire savoir aux acteurs notamment les autorités politiques du rôle que jouent les femmes dans la lutte contre le changement climatique ». Ajoute-t-il.

A l’issue de ces échanges, plusieurs recommandations ont été formulées entre autres, la collaboration avec des institutions concernées les ministères du Genre et celui de l’Environnement, la participation des femmes aux fora nationaux et internationaux axés sur le climat et, enfin, l’élaboration du plan d’actions genre sur les questions climatiques.

Signalons que cette table ronde a réuni une cinquantaine de participants du secteur public, de la société civile et des experts suite à un constat général, la femme est sous-représentée dans la gouvernance forestière et climatique, une situation causant de graves conséquences du point de vue autant de droits de l’homme, de la justice climatique et de l’inclusion dans les alternatives et adaptation contre le changement climatique.

Foncier : un nouveau projet pour sécuriser les terres des communautés autochtones et locales de la RDC

Lancement ce mardi 7 au janvier 2025 à Kinshasa du projet « Appui aux droits et moyens de subsistance des communautés autochtones et locales pour le développement, le climat et la conservation », ce projet vient s’ajouter aux efforts globaux de la République Démocratique du Congo pour préserver sa méga biodiversité et promouvoir le développement des communautés qui en dépendent. au cours de trois ans, ce projet financé par la Suède et porté par RRI (Rights and Resources Initiative) devra couvrir, dans sa phase pilote, 5 provinces du pays à savoir, le Kwilu, le Kongo-Central, l’Équateur, la Tshopo et le Sud-Ubangi.

Un projet qui vient nous donner un souffle nouveau, particulièrement pour les peuples autochtones vulnérables et nos forêts. Il faut protéger ces forêts et les terres gérées par ces peuples », s’est félicité le secrétaire général aux affaires foncières, Gérard Mugangu. « Nous poursuivons des objectifs ambitieux notamment, la sécurisation d’au moins 500 mille hectares des terres et des forêts, pour les communautés autochtones et locales, la restauration des paysages sur une superficie d’au moins 5 000 hectares et enfin, l’amélioration de moyens de subsistance d’au moins 5 000 ménages ».

Il vise à soutenir la mise en œuvre du Système d’Information Foncière (SIF) contenu dans la nouvelle politique foncière de la RDC. Il contribuera à soutenir la capacité des autorités locales de ces cinq provinces à mieux comprendre les lois et politiques nationales de la réforme foncière, ainsi qu’à soutenir, mettre en œuvre et gérer les outils et processus du SIF pour la démarcation et l’enregistrement des terres communautaires. « Le Système d’Information Foncière sera le socle de ce projet. Parce qu’il va nous permettre de savoir où se trouvent ces terres, elles sont géo-localisées de quelle manière ? Elles ont quelles superficies ?  Et, elles offrent quelles opportunités ? C’est de cartographie que nous allons faire pour projeter la sécurisation de ces terres », a-t-il précisé.

Financé à hauteur de 3 millions de dollars américains, dans le cadre de la coopération Suédoise en RDC, le projet Appui aux droits et moyens de subsistance des communautés autochtones et locales pour le développement, le climat et la conservation est le reflet de l’engagement de la Suède qui croit fermement que la coopération internationale, la réduction de la pauvreté, et la préservation de l’environnement sont des piliers essentiels de la vie, et de la prospérité mondiale. « La sécurisation des droits fonciers favorise les investissements à long terme. La Suède insiste sur le fait que ce projet doit non seulement améliorer les droits fonciers, mais également, contribuer à augmenter les revenus des communautés et encourager l’esprit entrepreneurial », a déclaré Charlotte Makulu, représentant l’Ambassadeur de Suède empêché.

D’autre part, ce projet aidera les peuples autochtones et les communautés locales ciblés à comprendre leurs droits, et à cartographier, surveiller, aussi à se mobiliser pour faire progresser leurs droits fonciers. Cela pourra permettre dans certains cas de demander, d’obtenir et des titres des concessions forestières communautaires et aussi de renforcer les moyens de subsistance et économies locales. « Ce projet va nous aider à générer beaucoup de leçons qui pourront aider à étendre la mise en œuvre du SIF, ce nouveau mécanisme qu’offre notre politique foncière », a renseigné Patrick Kipalu, directeur Afrique de RRI. « Le projet va au-delà du SIF. Il y’a d’autres composante qui ont à avoir avec la mise en œuvre de la foresterie communautaire, l’appui aux efforts de reconstitution du couvert végétal, la restauration des écosystème forestiers, et l’appuis aux initiatives de développement économique ou les projets de moyens de subsistance pour les communautés locales et les peuples autochtones ».

Signalons que ce projet sera mis en œuvre par une coalition d’organisations locales, notamment la DGPA ( Dynamique des groupes des peuples autochtones), CTIDD (Centre des Technologies Innovatrices et le Développement Durable ), CFLEDD (La Coalition des Femmes Leaders pour l’Environnement et le Développement Durable CFLEDD), CRI (Congolese Resources Institute) , et ANAPAC RDC (Alliance Nationale d’Appui et de Promotion des Aires et territoires du Patrimoine autochtone et Communautaire), en partenariat avec la CONAREF (Commission nationale de la reforme foncière.

Notons que cet atelier a connu la participation des représentants des organisations partenaires de mise en œuvre membres de la coalition RRI, des représentants des ministères des affaires Foncières, de l’Agriculture, de l’Environnement et Développement Durable, de la Commission Nationale pour la Reforme Foncière, des représentants des organisations des peuples autochtones et des communautés locales, et les membres du comité de suivi du projet.

La Rédaction

Développement durable et protection des richesses invisibles: les femmes locales et autochtones un atout indispensable

Comme la plupart des autres défis humanitaires et de développement, la crise climatique perpétue et amplifie les inégalités structurelles, notamment entre les femmes et les hommes. Le projet lancé en 2021, intitulé “Partenariat pour les Peuples, la Nature et le Climat”, financé par le Bezos Earth Fund vise à renforcer les droits fonciers communautaires et la conservation au niveau local entre 2022 et 2025 afin de faire progresser les objectifs mondiaux en matière de conservation, de climat et de développement dans les Andes tropicales (Bolivie, Colombie, Équateur, Pérou) et le bassin du Congo (République démocratique du Congo, République du Congo et Gabon).

Depuis 2023, les actions mises en œuvre au niveau local dans le cadre de ce projet en RDC, par la Coalition des Femmes Leaders pour l’Environnement et le Développement Durable (CFLEDD), membre de la coalition Rights and Resources Initiative (RRI), ont permis de renforcer les capacités des femmes locales et autochtones, tout en documentant leurs pratiques quotidiennes. Ces pratiques soutiennent les économies locales, contribuent à la conservation de la biodiversité, luttent contre les changements climatiques et favorisent le leadership féminin.

L’une des actions phares du projet, menée en 2024, visait à capitaliser sur les acquis de 2023 en vulgarisant les solutions locales développées par les femmes en matière de conservation et de lutte contre les changements climatiques. Dans ce cadre, 130 femmes et filles ont été consultées dans cinq provinces (voir la carte ci-dessous).

 

Des pratiques de conservation structurées autour d’un mode de vie

  A Mbandaka et Lukolela, dans la province de l’Équateur, les femmes pratiquent des activités qui sont quasi dépendantes de l’existence des écosystèmes forestiers denses pour subvenir aux besoins de leurs familles. Ces activités n’altèrent pas les fonctions d’interdépendance entre la chaîne alimentaire de l’écosystème forestier et impliquent le maintien de l’arbre en vie.  D’une journée à une autre, lorsqu’une femme entre dans la forêt, elle pratique uniquement : la cueillette, le ramassage, le prélèvement des produits forestiers non ligneux en fonction des saisons et la récolte des bois morts.

De la conservation à la sécurisation locale des tenures communautaires

Grâce aux cadres de dialogue organisés par le projet, impliquant les chefs traditionnels à Mbandaka, Kikwit, Mbali, Songololo et Mbuji-Mayi, ces femmes ont pu, collectivement, présenter leurs pratiques de gestion durable. Ces usages, comme observé à Mbandaka et Lukolela, favorisent la conservation de la nature sur des espaces forestiers menacés d’accaparement pour l’exploitation du bois. Ces échanges ont permis de sensibiliser les garants de la gestion coutumière des terres dans ces villages.

Ils ont également abouti à des engagements remarquables en faveur de la protection des espaces et des ressources naturelles à l’échelle des terroirs villageois. Ces engagements se sont concrétisés par la sécurisation collective de 81 hectares de terres, réalisée grâce à la cartographie participative et aux accords coutumiers établis dans ces localités. Aujourd’hui, l’exploitation du bois, essentiellement artisanale et illégale, est interdite sur ces sites et est surveillée par les conseils des sages de ces chefferies concernées.

L’agroforesterie et l’agroécologie au cœur des exploitations agricoles féminines

Dans les forêts des villages Kikwit, Mbali, Mongala, Mbandaka et Songololo, les femmes pratiquent une forme d’agroforesterie qui associe arbres naturels, arbres fruitiers et cultures vivrières, notamment le manioc. L’agroécologie n’est pas en reste : les itinéraires techniques qu’elles utilisent sont respectueux de l’environnement et intègrent des pratiques innovantes et durables.

Nous avons identifié plusieurs de ces pratiques :

  • Absence de labour profond et sarclage manuel : Ces techniques préservent les sols et réduisent le risque d’érosion.
  • Gardiennage communautaire : Il protège l’intégrité de la forêt contre les exploitations abusives par la surveillance improvisée des femmes et filles du fait de leur déplacement quotidien dans la forêt pour se rendre dans leur champ.
  • Jachère améliorée à base de plantes fertilisantes : Cette méthode permet la reconstitution naturelle des éléments nutritifs du sol tout en facilitant une régénération rapide des semences et de la forêt.
  • Irrigation naturelle : L’eau est canalisée selon les besoins à l’aide de plantes locales comme les bambous.
  • Enfouissement traditionnel des résidus de récolte : Contrairement au brûlis, cette pratique limite les émissions de gaz à effet de serre tout en enrichissant le sol.
  • Valorisation des savanes : Les femmes privilégient la culture de maïs sur ces terres plutôt que la déforestation des espaces densément boisés pour des monocultures.
  • Paillage : Cette technique consiste à recouvrir la terre avec du matériel végétal (feuilles, herbes, brindilles, résidus de récolte) afin de réduire l’évaporation de l’eau et d’augmenter la teneur en matière organique du sol.
  • Compostage naturel : Les déchets de cuisine et les feuilles mortes sont utilisés pour fertiliser les espaces agricoles.

Pendant plusieurs mois, nous avons appris auprès des femmes et filles des forêts de la RDC, qui nous ont partagé leurs précieuses connaissances.

Transition énergétique en marche à Mbandaka et Songololo

  Les ménages ruraux en RDC continuent d’utiliser le bois ou le charbon de bois comme principale, voire unique source d’énergie pour la cuisson. Les enquêtes auprès des femmes menées dans le cadre de ce projet permettent de noter un déclic marqué par l’engagement des femmes dans la production et l’utilisation de sources d’énergie alternatives à Mbandaka et Songololo.

En vue de protéger l’environnement et limiter la pression sur la forêt, la femme procède aussi à    la fabrication des briquettes écologiques à base des déchets biodégradables et les pavés écologiques à base des bouteilles en plastique. Au cours des deux dernières années, par trimestre 180 sacs de 5 kg chacun des briquettes écologiques ont été produite à Mbandaka dans la province de l’Equateur et à Songololo au Kongo-Central. 

Ces pratiques locales des filles, femmes locales et autochtones pygmées, qui contribuent à la conservation de la biodiversité, représentent des solutions locales face aux défis climatiques. Elles nécessitent, d’une part, une mobilisation accrue pour promouvoir le leadership des femmes locales et autochtones pygmées dans la gestion des forêts, et, d’autre part, un soutien financier renforcé pour vulgariser leurs techniques agricoles ainsi que ce modèle énergétique alternatif dans un contexte constant d’accroissement de la demande énergique liée à la croissance démographique en RD Congo.

Déjà à pied d’œuvre dans ce vaste chantier, la CFLEDD entend porter la voix des femmes et des filles auprès des décideurs au niveau international et national. Elle s’engage à poursuivre sa collaboration avec ses partenaires afin d’aider les femmes à renforcer leur résilience face aux impacts du changement climatique et à valoriser leurs précieuses connaissances et compétences dans le cadre de l’action climatique, pour bâtir un avenir plus équitable et durable pour toutes et tous.

 

 

Par

Hyacinthe Bovaka, Helene Bajikila, Perpétue Boku, et Chouchouna Losale du CFLEDD sous la supervision de Michelle Sonkoue

 

RDC: Lancement du projet GEO RDC et de son Géoportail national

Le gouvernement Suminwa via le ministère de l’aménagement  du territoire (MinAT),  lance le projet GEO RDC et le Géoportail national, un projet qui mettra à disposition des outils technologiques avancés pour la collecte, l’analyse et le partage des données géospatiales fiables en RDC.

Une avancée majeure vers la modernisation de sa gouvernance et l’amélioration de la gestion des ressources naturelles afin de garantir leur utilisation durable au bénéfice des générations présentes et futures.

Selon le ministre Guy Loando, « Le GEO RDC est une opportunité unique pour transformer notre approche de la gestion des territoires. Il reflète notre ambition de faire de la RDC un modèle de gouvernance durable, en phase avec la vision du Président Tshisekedi », a déclaré Guy Loando Mboyo lors de la cérémonie de lancement.

Le succès de ce projet est le fruit d’une collaboration étroite entre experts nationaux, partenaires techniques et institutions publiques. Le Ministre d’État a exprimé sa gratitude envers toutes les parties prenantes, reconnaissant leur rôle essentiel dans la réalisation de cette initiative.

S’inscrivant dans la vision du Chef de l’État, le GEO RDC positionne la RDC comme un acteur clé du développement durable et de l’innovation technologique en Afrique. Le Géoportail national offre au gouvernement un levier stratégique pour planifier et coordonner efficacement le développement territorial, tout en renforçant la transparence et l’efficacité dans la prise de décision.

Avec le leadership inspirant de Félix Antoine Tshisekedi et l’engagement dynamique de Guy Loando Mboyo, la RDC se dote aujourd’hui des outils nécessaires pour relever les défis du XXIe siècle et construire un avenir prospère et durable pour tous ses citoyens.

Ouverture de la 16e conférence de l’ONU sur la désertification et la dégradation des terres en Arabie saoudite

Ouverture ce lundi en Arabie Saoudite de la 16è conférence de l’ONU sur la lutte contre la désertification CNULCD et la dégradation des terres. Des experts ont tiré la sonnette d’alarme sur les graves conséquences de la déforestation et de l’agriculture intensive pour la planète.

À l’ouverture, Ibrahim Thiaw , secrétaire exécutif de l’organisation, a appelé les parties prenantes à « adopter une approche globale tenant compte des liens étroits entre désertification, perte de biodiversité et changement climatique ».

Il déclare que, l’or de la dernière réunion, qui s’était tenue en 2022 en Côte d’Ivoire, la résolution avait débouché sur un engagement à « accélérer la restauration d’un milliards d’hectares de terres dégradés,  soit des sols endommagés par des activités humaines comme la pollution ou la déforestation,  d’ici à 2030. La CNULCD,  qui réunit 196 pays et l’Union européenne,  estime désormais qu’il faudrait restaurer 1,5 milliards d’hectares avant la fin de la décennies, un défi colossal à l’échelle mondiale « , a-t-il déclaré.

D’après les experts de l’ONU, la COP16 désertification de ce lundi 2 à pour enjeu de parvenir à un consensus sur la nécessité d’accélérer la restauration des terres dégradés et de développer une approche  » proactive » des sécheresse. Ils ont tiré la sonnette d’alarme sur les graves conséquences de la déforestation et de l’agriculture intensive pour la planète.

Pour sa part, le Secrétaire Général de l’ONU  Antonio Guterres, alerte que  » nous avons déjà perdu 40% de nos terres et de nos sols et cette perte a des conséquences sur l’insécurité alimentaire et les migrations « . Cette conférence est un moment décisif dans le combat contre la sécheresse et l’avancée des déserts.  La sécurité mondiale est vraiment en jeu pas seulement en Afrique et au Moyen-Orient et dans d’autres régions du monde » a-t-il insisté.

Un nouveau rapport publié par des scientifiques du Giec et de la CNULCD a mis en évidence le fardeau que l’agriculture fait peser sur la planète. Ce rapport a été publié le 01 décembre à la veille de l’ouverture des discussions de la COP16.  » nous sommes au bord d’un précipice. Nous devons décider de reculer et prendre des mesures de transformation. Il sera question de savoir s’il conviendra d’adopter des mesures ou de continuer sur un chemin de changement irréversible en matière d’environnement « , souligne Johan Rockstrom directeur de l’institut de recherche de Potsdam sur le climat.

Rappelons que cette 16ieme conférence de l’ONU sur la désertification et la dégradation des terres se tiendra du 02 au 13 décembre à Riyad en Arabie saoudite. Des milliers de délégués, dont près de 100 ministres, ont rehaussé de leur présence à cette conférence.  Les États membres se sont fixés pour objectifs de lutter contre la sécheresse et l’avancée des déserts, ainsi qu’à restaurer 40 millions d’hectares de terres dans les jours avenir.

2è édition du forum sur la taxation du tabac en RDC : la fiscalité, une des solutions

La deuxième édition du forum annuel sur la taxation du tabac en RDC à vécu ce mercredi 27 novembre 2024 à l’hôtel Sultani de Kinshasa, ce grâce au Bureau de Liaison avec le Parlement de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (BLP/CENCO) et l’Initiative Locale pour le Développement Intègre (ILDI- ONGD), en collaboration avec le Programme National de lutte contre les Toxicomanies et Substances Toxiques (PNLCT) du Ministère de la santé publique, hygiène et prévoyance sociale, avec l’appui financier de Tax Justice  FNetwork Africa (TJNA).

Le but étant de plaider pour des réglementations efficaces dans le secteur du tabac afin de soutenir la santé publique et améliorer le bien être socioéconomique des congolais et congolaise. Thème choisi pour cette édition 2024 : « L’ industrie du tabac et les politiques réglementaires pour la protection de la santé publique et la mobilisation des ressources domestiques en RDC ».

Prenant la parole, Me Suzanne Linyonga,  PCA de ILDI/ONGD,   a appelé toute les parties prenantes à s’y impliquer afin d’attendre les objectifs assignés  « nous avons l’opportunité de réfléchir ensemble en faveur d’une réglementations efficaces face aux faiblesses du système fiscal actuel sur le tabac dans la mobilisation des recettes et financement de la santé publique, je suis convaincu que ces échanges permettront de repartir avec le nouvelles idées et stratégies pour mener à bien notre plaidoyer » a-t-elle martelé.

De son coté, le directeur de BLP/CENCO Jean-Paul MULYANGA, a rappelé dans son mot l’importance de ce deuxième forum, et il a profité de cette circonstance pour décrire la doctrine catholique qui se focalise sur la dignité de la personne humaine, la solidarité et la préservation de la santé, il a corroboré que cette doctrine sociale de l’église soutien la lutte anti-tabac et contribue au bien-être commun. Il a achevé son allocution en affirmant qu’ensemble nous pouvons agir pour lutter efficacement contre le tabac.

Un appel qui rencontre le consentement des acteurs de la société civile congolaise à but non lucrative et non confessionnelle qui sensiblement engagée à la promotion des politiques publiques en faveurs de la justice fiscal. Lorsque l’on sait que la consommation du tabac entraîne de centaine de milliards de dollars en perte économique à l’échelle planétaire.

  Pour Patrice Milambo Kapia, directeur du PNLCT, l’utilité de ce forum offre l’opportunité de réfléchir avec les parties prenantes sur les mesures qui doivent aider à lutter contre le tueur silencieux, « La taxation est l’une des meilleurs stratégies mondiales pour réduire la prévalence, les maladies non transmissibles et la morbidité. La réduction de la consommation passe à travers la taxation, plus on taxe, moins l’on consomme » a-t-il indiqué.

Au cours des échanges en panels, le Dr. Renée Nsamba, représentante du représentant pays de l’OMS a, pour sa part, rappelé l’engagement de son institution qui soutient la mise en place des taxes progressives sur les produits du tabac,  « Je salue les efforts considérables consentis pour la lutte anti-tabac en RDC à travers l’OMS, en précisant que 37 millions des enfants de 15 à 16 ans consomment le tabac et 18% des jeunes de 15 ans et plus en consomment également, ainsi la RDC doit prendre des mesures strictes pour lutter contre le tabac tout en rappelant l’importance de la taxation. Sachiez que l’OMS soutien les taxes progressives sur le tabac pour réduire la consommation et générer le revenu pour finaliser la santé publique. Je confirme également que les régions Africaines sont en bonne voie pour réduire la consommation de tabac de 30% » a-t-elle insisté.

Pour Godefroid Mboyo, coordonateur national ai de ILDI/ONGD, l’ingérence de l’industrie tabacicole dans les politiques de mise en œuvre est une véritable entrave qui mérite une attention particulière de la part des décideurs quand on constate que l’industrie recruit certains autorités au sein même de l’administration fiscal, voire parlementaire. Selon les dispositions de l’article 53, l’industrie ne peut en aucun cas se mettre sur la table avec les pouvoirs publics pour discuter de politique. Nous voulons surtout sauver des vies à travers la fiscalité, avec un système de taxation efficace et une réduction du commerce illicite des produits du tabac en ratifiant le protocole de l’OMS.

Les échanges ont abouti à des recommandations idoine notamment : celui de renforcer la lutte contre le commerce illicite des produits du tabac en ratifiant le protocole de l’OMS pour éliminer le commerce illicite de tabac ; de mettre en œuvre de manière drastique l’article 53 dans le but d’empêcher l’industrie du tabac de participer à la formulation des politiques sanitaires et fiscales sur le tabac ; aussi de mettre en place un modèle de simulation des taxes d’accises sur le tabac devant permettre aux décideurs politiques d’harmoniser sa politique fiscale avec efficacité et conformément aux recommandations de l’OMS.

Notons que dans le cadre de la mise en œuvre de ses projets ILDI/ONGD a officiellement présenté ses deux éminentes recherches : l’une porte sur l’impact du commerce illicite des produits du tabac sur la taxation et l’autre sur l’industrie du tabac et les politiques fiscales. Avec ces deux études, des évidences scientifiques vont booster la lutte antitabac en RDC.

 

 

 

Hyacinthe BOVAKA

COP29 : L’adoption du prix de crédit carbone salué par la RDC et la Côte-d’Ivoire

Alors que la convention de l’accord de Paris qui encadre les échanges de crédits carbone a été adopté, les ministres de l’environnement ivoirien – Jacques Assohoré Konan et congolais – Eve Bazaiba se félicitent de cette avancée majeure pour les Pays Africains.

A l’issus de la Conférence annuelle conférence annuelle des Nations Unies sur les changements climatiques – COP29 à Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan ; la Côte d’Ivoire a annoncé avoir réussi à vendre 7 millions de tonnes de crédits carbones dans le cadre d’un partenariat avec la Banque mondiale. Cette transition, une première pour le Pays, témoigne de l’importance croissante des mécanismes de marché encadrés par l’accord de Paris. Ces mécanismes représentent une solution concrète pour financer des projets de réduction des émissions tout en stimulant le développement durable.

Cette annonce traduit l’engagement des nations africaines dans la lutte contre le changement climatique. La vente des crédits carbone ouvre la voie à une mobilisation accrue des ressources pour soutenir la transition écologique sur le continent.

Pour les experts, cette avancée constitue un signal positif quoique les défis sont nombreux. La transparence des transactions et l’impact réel sur les réductions d’émissions devront être scrutés de près. Pour les Pays comme la Côte d’Ivoire et la RDC, le succès de ces initiatives dépendra également de leur capacité à attirer des investisseurs tout en préservant leurs écosystèmes.

Bien que les échanges de crédits carbone reste murmurant en Afrique, cette adoption pourrait bien devenir un levier essentiel pour relever les défis climatiques mondiaux.

COP29: les Européens veulent que la Chine mette la main au portefeuille pour débloquer la situation

À la COP29 de Bakou, les négociations sont toujours bloquées sur la question de la finance climatique. Les Européens ne veulent rien céder tant qu’ils n’auront pas l’assurance que les contributions d’autres pays comme la Chine ne sont pas prises en compte dans l’objectif total. La Chine est en effet le premier émetteur de gaz à effet de serre au monde avec des émissions en 2023.

Pour la première fois, le gouvernement chinois a annoncé avoir mobilisé 24,5 milliards de dollars depuis 2016 pour aider les pays en développement* face au changement climatique. Un effort de transparence salué par les diplomates européens et qui montre que le pays prend son rôle de grande puissance au sérieux, estime Ma Jun, directeur de l’Institut des affaires publiques et environnementales « C’est la première fois que la Chine donne un montant chiffré sur ses aides climatiques en faveur des pays en développement et cela montre toute l’importance que le pays accorde à la question depuis des années, rappelle-t-il. Maintenant, la position officielle chinoise est d’insister sur le fait que la responsabilité des pays est certes partagée face au changement climatique, mais qu’elle n’est pas la même pour tous. C’est la ligne qui est suivie dans les négociations sur le financement. »

Source : RFI